Une interview !!

Pour sa newsletter de l’été, l’école de théâtre Arts en Scène m’a proposé une petite interview.

La voici, bonne lecture ! :

ARS

DERRIÈRE LE RIDEAU

Cette nouvelle rubrique est l’occasion d’apporter un nouveau regard sur Arts en Scène, en se focalisant sur les personnes qui permettent à l’association de fonctionner. Les professeurs, les intervenants, mais aussi les élèves, les adhérents, les partenaires de longue date ou les tout nouveaux…

Après Nicolas Guépin, Ingrid Florin et Yann Ducruet, c’est au tour de Maïa Arnaud, intervenante des stages de théâtre enfants à Arts en Scène, de venir « Derrière le rideau » et de partager avec nous son expérience.

1) Commençons par une petite présentation : qui es-tu, que fais-tu à Arts en Scène ?

Je m’appelle Maïa Arnaud, je donne des stages pour enfants à Arts en Scène lors des vacances d’avril et d’été.

2) Depuis combien de temps travailles-tu pour Arts en Scène ? Que faisais-tu avant ?

Depuis juillet 2015. Avant… Je développe cela dans la question suivante !

3) Quand as-tu commencé le théâtre ? Quel est ton parcours ?

J’ai commencé à 15 ans, en atelier amateur avec la Cie Paradis-Eprouvette à Colomiers (à côté de Toulouse). J’ai très vite « su » que je voudrais en faire ma profession, mais je me suis d’abord orientée vers des études de médecine et kinésithérapie – tout en continuant le théâtre en amateur à côté.
Dès que j’ai eu mon DE de kiné, j’ai fait une première formation professionnelle à Toulouse, au Théâtre du Hangar. L’année suivant cette formation a été compliquée, je ne retrouvais plus l’équilibre que j’avais eu précédemment entre la pratique de plateau et le travail de kiné. Cela m’a poussée à tenter des concours, et c’est ainsi que je me suis retrouvée à Lyon, où j’ai suivi la formation professionnelle d’Arts en Scène.
Après cette formation, j’ai donné pendant un an des ateliers avec la Cie Paradis-Eprouvette. Cela a notamment abouti à ma première mise en scène, Les Silences ou la vie d’une femme, d’après le roman de Marie Chaix, qui a été jouée pour la première fois en octobre 2015.
En parallèle, j’ai adapté le roman de Claudine Galea, Jusqu’aux os, pièce créée pour la première fois en mars 2016.
Suite à ces deux spectacles, j’ai créé ma compagnie, la Cie Ugoki, en août dernier.
Je donne également des ateliers à des adultes en situation de handicap, et je joue depuis octobre avec la Cie Sisma, dans le spectacle Les Assoiffés.

4) Tu encadres depuis plusieurs saisons à Arts en Scène des stages de théâtre pour enfants. Peux-tu nous dire ce qui te plaît dans cet enseignement ?

De façon générale, l’idée de transmettre, de partager, ce que j’ai pu apprendre tout au long de mes formations, stages et expériences, me plaît beaucoup. Je prends beaucoup de plaisir dans ces échanges, mais aussi dans les recherches (de textes, d’idées de jeux et d’exercices…) et dans les questionnements, pédagogiques notamment, que cet enseignement demande.
J’aime également le rôle de « direction » : me laisser surprendre par ce que la personne sur scène propose spontanément, partir de là, de ce que je vois, de ce que j’entends, pour essayer de l’amener plus loin.

5) Quels sont tes projets professionnels actuellement ?

J’ai donc mis deux spectacles en scène, Les Silences ou la vie d’une femme à Toulouse où je suis « seulement » metteure en scène, et Jusqu’aux os à Lyon où je me suis moi-même mise en scène. Pour les deux, je continue à chercher des dates, dans et en dehors des théâtres. Ce sont deux spectacles qui me tiennent beaucoup à cœur et j’aimerais pouvoir leur donner une longue vie.
Avec la Cie Sisma, nous jouerons une dernière fois Les Assoiffés en décembre, après plusieurs dates en novembre et mai dernier. J’ai également une ou deux nouvelles idées de création, mais je préfère que les choses avancent plus concrètement avant d’en dire plus.

6) Quels conseils donnerais-tu aux apprentis comédiens et comédiennes qui souhaitent se professionnaliser dans le milieu du spectacle vivant ?

Les deux mots qui me viennent en premier sont ténacité et intégrité.
Intégrité, car il me semble important de toujours se demander pourquoi et pour quoi on choisit cette voie-là. Il me semble dommage de se perdre dans des projets qui ne nous correspondent pas, qui ne nous plaisent pas, sous prétexte de jouer à tout prix. Ce n’est pas un métier que l’on choisit par défaut, alors autant toujours garder la flamme du plaisir !
Ténacité car, ici comme ailleurs, les choses prennent du temps à se construire. Si l’on ne voit que l’objectif « final » (avoir tant de dates, obtenir le statut d’intermittent…), on peut vite être découragé par l’ampleur de la tâche et du chemin. Alors que si l’on arrive à apprécier chaque petite marche que l’on franchit, c’est beaucoup plus gratifiant !
Enfin, je dirais qu’un comédien doit toujours garder un intérêt, une appétence, pour ce qui n’est pas du théâtre, quel que soit le(s) domaine(s). C’est ainsi que le théâtre se nourrit, et que le comédien se nourrit. Et puis, ça permet d’avoir des ressources pour rebondir dans les périodes de difficultés théâtrales. Ne vivre que pour le théâtre me parait enfermant, et trop dur quand on vit des moments de creux. Mais ce ne sont que mes vérités !

7) Pour finir, y a-t-il une œuvre qui te tient particulièrement à cœur et que tu souhaiterais voir mise en scène ?

Spontanément, je pense à On ne badine pas avec l’amour d’Alfred de Musset. Il y a des passages que je trouve superbes dans cette pièce.
En fait, j’avoue que j’aimerais moi-même pouvoir la mettre en scène, mais pour le moment je ne m’en sens pas les épaules.

http://artsenscene.com/